Pour son premier robot aspirateur, DJI avait surpris tout le marché avec une détection des obstacles d’un niveau inédit. Le géant des drones revient aujourd’hui avec une deuxième génération. Le DJI Romo P2 ne repart pas d’une feuille blanche. Il conserve l’ADN du premier Romo P que nous avons testé et corrige ses défauts, avec un bras de lavage robotisé, des jambes mécaniques pour franchir les seuils et une aspiration en nette hausse.
Nous l’avons utilisé pendant plusieurs semaines, sur près de 1 000 m² de nettoyage. Nous avons aussi pu échanger avec les équipes techniques de DJI sur leur stand du salon IFA de Berlin. Qu’apporte réellement ce Romo 2 ? Est-il meilleur au quotidien que les Dreame, Roborock, Narwal et Ecovacs haut de gamme ? Découvrez notre test et avis complet du DJI Romo P2 !
Les avantages
✅ Détection des obstacles exceptionnelle
✅ Navigation très fiable, avec très peu de blocages
✅ Bras de lavage robotisé précis
✅ Détection efficace des liquides transparents
✅ Franchissement performant des seuils et tapis épais
✅ Aspiration puissante et lavage convaincant
✅ Fonctionnement silencieux
✅ Station autonettoyante très peu contraignante
✅ Tarif plus compétitif que la première génération
Les inconvénients
❌ Serpillières non déposables en station
❌ Brosses latérales non relevables
❌ Filtre du bac à poussière vite encrassé
❌ Recharge intermédiaire relativement lente
❌ Application au design assez fade
❌ Plaque de lavage non démontable
Présentation du DJI Romo P2
Côté design, pas de révolution : le Romo 2 reprend les lignes de la première génération. Le Romo P2 conserve le design transparent, assez futuriste, du robot et de la station. Il divise autant qu’il séduit. Le Romo A2 garde le robot transparent mais l’associe à une station blanche plus classique. Il perd aussi le compartiment à désodorisant et le traitement UV du sac à poussière, réservés au P2.
Une plaque de lavage annoncée sans entretien pendant 365 jours
La station reste compacte pour la catégorie (environ 44 x 42,5 x 45,3 cm). Sur le dessus, deux réservoirs facilement accessibles : 4 litres pour l’eau propre et 3,2 litres pour l’eau sale. À l’avant, une trappe donne accès au sac à poussière de 2,4 litres et aux deux produits. La solution de nettoyage sert au lavage des serpillières et au traitement des taches grasses au sol. Le désodorisant nous laisse plus réservés, avec une composition constituée d’eau jusqu’à 95 %. Les serpillières sont lavées à l’eau chaude jusqu’à 80 °C, puis séchées jusqu’à 60 °C.
DJI a surtout retravaillé l’autonettoyage. La plaque de lavage, annoncée pour 200 jours sans entretien sur la première génération, passe à 365 jours. Elle combine une surface nanocristalline, quatre jets haute pression et un large conduit d’aspiration des eaux sales.
Il n’y a donc aucun petit filtre ni grille à nettoyer, contrairement à certaines stations concurrentes. Cette promesse ne concerne que la plaque : réservoirs, sac et consommables restent à votre charge.
Après plusieurs semaines et près de 1 000 m² parcourus, la plaque reste effectivement très propre. Elle n’est pas miraculeuse pour autant. Quelques traces s’accumulent au fil des semaines et les 365 jours restent une valeur théorique. Petit reproche, elle n’est pas démontable. Le jour où il faudra nettoyer tout au fond, il faudra presque s’allonger devant la station.
Un robot sans tourelle LiDAR, héritier des drones
Le robot conserve un design très proche de la première génération, avec 35 cm de diamètre pour 9,8 cm de hauteur. Contrairement à la grande majorité des concurrents, il n’y a toujours pas de tourelle LiDAR rotative sur le dessus.
La navigation vient directement de l’expérience de DJI dans les drones. Elle combine un LiDAR ToF 3D frontal, deux caméras fisheye et un LiDAR ToF 3D latéral. DJI revendique la détection de certains câbles dès 2 mm d’épaisseur. Un éclairage mieux intégré sous l’avant améliore la détection en faible luminosité.
La puissance d’aspiration passe de 25 000 à 36 000 Pa, un chiffre qui ne dit pas grand-chose à lui seul.
Un bras de lavage robotisé et des brosses repensées
La plus grosse nouveauté se trouve sous le robot. La serpillière rotative de droite est désormais montée sur un bras robotisé. Il pivote de 123 degrés pour 12,4 cm de déport, soit 7,8 cm de plus que sur la première génération.
C’est nettement moins que les 17 cm du Dreame X60 Pro Ultra. En revanche, le bras dispose de son propre LiDAR pour ajuster en permanence sa distance aux murs, aux meubles et aux pieds de chaise. Les serpillières se relèvent de 15 mm, mais ne peuvent toujours pas être déposées dans la station.
À l’avant, la brosse latérale droite se déporte vers les angles et les plinthes. Aucune des deux brosses latérales ne se relève. Au centre, le chariot de la double brosse principale anti-enchevêtrement peut désormais se relever, en mode lavage seul ou face à une tache liquide. Sur les tapis, c’est l’inverse : une plaque de pression descend pour concentrer l’aspiration dans les fibres.
Des jambes mécaniques pour les seuils et les tapis épais
Autre nouveauté, de véritables jambes mécaniques. Le robot franchit une marche simple jusqu’à 4 cm, et jusqu’à 8,5 cm sur un obstacle à deux niveaux. DJI pose toutefois ses conditions : un premier niveau de 4 cm maximum, une zone d’appui de 20 à 22 cm, puis un second niveau de 4,5 cm maximum.
Nos seuils ne dépassant pas 2 cm, nous n’avons pas pu pousser cette fonction dans ses retranchements. En revanche, sur notre tapis épais, le robot s’est relevé pour monter puis redescendre sans embarquer le tapis, à plusieurs reprises. C’est un vrai confort au quotidien.
À l’arrière, le bac à poussière interne de 215 ml est séché à chaque retour en station. Après plusieurs semaines, son filtre est déjà assez colmaté faute de micro-grille. Nous y reviendrons. L’assistant vocal « OK Romo » est de la partie, en anglais seulement pour l’instant. Notre exemplaire est la version bundle, livrée avec plusieurs sacs, filtres, brosses latérales et serpillières de rechange.
Installation, cartographie et application DJI Home
L’installation passe par l’application DJI Home et se fait en quelques minutes. DJI prévoit également un mode Données locales qui coupe la connexion de l’application à Internet. Il est annoncé d’ici fin 2026 et nous n’avons pas pu l’essayer.
La première cartographie est rapide. Le robot sépare les pièces, identifie les tapis et gère le multi-étages. Sur notre rez-de-chaussée, il n’a fallu que recloisonner la salle à manger et la salle de jeu, une séparation qu’il ne pouvait pas deviner. L’opération prend quelques secondes.
Les réglages de nettoyage, de la station, des tapis et de l’évitement sont nombreux. Une mise à jour récente a ajouté un mode animaux domestiques. Quelques erreurs de traduction subsistent, sans gêner la compréhension.
Nous n’avons rien de particulier à reprocher à l’application à l’usage. Notre seule réserve reste la même que sur la première version : graphiquement, elle est assez fade face à certaines concurrentes.
Découvrez le test en vidéo du DJI Romo P2
Avant de passer à notre verdict, découvrez le test complet du DJI Romo P2 en conditions réelles dans la vidéo ci-dessous !
Les points forts du DJI Romo P2
Parmi les points forts du Romo 2, on retrouve d’abord, comme sur la première génération, la détection des obstacles. Dans notre cuisine, nous avons disposé un briquet, un petit câble USB, des briques et des personnages Lego, une fausse crotte, des poils d’animaux et une tache liquide transparente. Le robot se faufile entre tous ces objets sans en toucher un seul. Avec ce robot, on peut lancer un nettoyage sans se demander si tout est rangé. En trois semaines d’utilisation, il ne s’est bloqué qu’une seule fois, sur un tout petit câble de jouet qui a mis sa brosse centrale en sécurité. Nous n’avons eu aucun autre blocage, même lors des nettoyages lancés le soir, en notre absence, sans avoir rangé la maison.
C’est précisément ce qui le distingue de la concurrence haut de gamme. Le Narwal Flow, le Roborock Saros 20 et le Dreame X60 Pro Ultra sont eux aussi très performants. Dans nos essais, le DJI reste toutefois le plus fiable sur les câbles fins et les petits objets. Sa navigation nous paraît également plus fluide.
Une navigation de ce niveau sans un bon nettoyage derrière n’aurait pas beaucoup d’intérêt. Le Romo 2 tient la comparaison. Sur nos sols durs, le résultat est net jusque le long des plinthes. Le robot a une particularité : il commence par le centre de la pièce et termine par le contour, à l’inverse de la plupart des modèles que nous testons. Le lavage est tout aussi convaincant, et c’est le bras déporté qui fait la différence. Autour des pieds de chaise, sous le réfrigérateur et le long des plinthes, la serpillière s’approche au plus près. Le robot ne touche rien et ne donne aucun coup.
La détection des taches liquides a tenu ses promesses. Le P2 a repéré notre tache transparente, que l’on distingue à peine à l’œil nu. Il l’a contournée pendant le nettoyage, puis y est revenu en fin de cycle, aspiration coupée et brosse centrale relevée. Il a repassé dessus jusqu’à sa disparition.
Sur notre tapis épais, le résultat est très bon. Le robot augmente automatiquement la puissance et les brosses latérales continuent de ramener les miettes vers la brosse centrale. Nous n’avons toutefois pas réalisé de mesure au gramme près. Sur tapis épais, il n’a jamais déçu.
Autre point positif de taille, le silence. Selon DJI, le robot fonctionne autour de 54 dBA en aspiration et lavage, et la station à 40 dBA pendant le séchage. Nous n’avons pas utilisé de sonomètre. À l’usage, le robot est assez discret pour travailler le soir ou la nuit sans perturber le foyer. La station reste discrète elle aussi, hormis un ronronnement continu pendant le séchage.
Le repositionnement tarifaire compte aussi. Le Romo P2 est affiché à 1 299 € au catalogue, et à 1 059 € en France au moment de notre test. À ce tarif, son positionnement est bien plus cohérent que celui du premier Romo, vendu nettement plus cher que la concurrence à prestations comparables.
Côté autonomie, le résultat se situe dans la moyenne haute sans être exceptionnel. La batterie de 5 000 mAh est annoncée pour environ trois heures. Sur nos 100 m² de rez-de-chaussée, en aspiration et lavage, il reste encore environ 25 % de batterie à la fin du cycle. La recharge intermédiaire est en revanche lente : 18 Wh récupérés en 30 minutes selon DJI. Le système PowerBoost de l’Ecovacs X12 récupère, lui, 13 % de batterie en trois minutes. Sur de très grandes surfaces, le DJI est donc moins adapté.
Les axes d'amélioration du DJI Romo P2
Passons maintenant aux axes d’amélioration du Romo 2. Le principal reste l’impossibilité de déposer les serpillières dans la station. C’était déjà notre premier regret sur la première génération. Sur tapis épais, les patins relevés de seulement 15 mm peuvent encore toucher les fibres et les humidifier. À ce niveau de gamme, c’est dommage. Les équipes DJI, à qui nous en avons parlé à l’IFA, savent que la demande existe.
Deuxième réflexion, le système de lavage. Le DJI lave très bien, mais ses deux patins ne sont rincés qu’à chaque retour en station. Un rouleau alimenté en eau propre en continu, comme sur le Narwal Flow ou l’Ecovacs X12, renouvelle sa surface de lavage tout au long du passage. Sur les grosses salissures humides, l’avantage va au rouleau.
Autre défaut, l’absence de micro-grille devant le filtre du bac à poussière. Même après l’autovidage, beaucoup de poussières restent coincées dans les fibres du filtre, qui se colmate rapidement. Narwal sur le Flow et Ecovacs sur le X12 proposent déjà cette grille.
Notre dernier reproche concerne les brosses latérales, qui ne se relèvent pas. Face à une tache liquide ou en mode serpillière seule, elles s’arrêtent de tourner mais restent au contact du sol. Elles peuvent donc étaler un peu de liquide. Certains concurrents à prix équivalent relèvent leurs brosses.

Notre avis final sur le DJI Romo P2
DJI revient avec un Romo 2 plus abouti, qui corrige l'essentiel des défauts du premier sans le révolutionner, et cette fois à un tarif cohérent. Mais ce qui fait réellement la différence reste sa navigation : après plusieurs semaines et près de 1 000 m² de nettoyage, un seul blocage. C'est, dans nos essais, la meilleure détection des obstacles du marché, et c'est ce qui rend ce robot réellement autonome au quotidien.
Pour qui est-il probablement le meilleur choix ? Un logement encombré, avec des enfants, des animaux, des câbles au sol, des seuils ou des tapis épais, et surtout quelqu'un qui veut avant tout un robot qui ne se bloque presque jamais.
Pour qui choisir autre chose ? Si vous avez beaucoup de moquette ou de tapis et que vous exigez zéro humidité, préférez un modèle capable de déposer ses serpillières dans sa station. Si votre priorité absolue est le lavage de grosses salissures, un rouleau autonettoyé en continu comme celui du Narwal Flow 2 !
Merci pour votre lecture. N’hésitez pas à poser vos questions en section commentaires !
Passionné de high-tech, Romain est un spécialiste des robots et balais laveurs. Toujours attentif aux innovations, il partage ses analyses techniques et astuces pour vous guider vers les meilleurs choix.
